my sweet untittled-to-be

Online Weirdo ; Born in Chaos ; Pixel Frau ; Cyber Psycho ;

08 juin 2006

Instant poétique

Réviser son  BAC c'est ...

CHIANT

Posté par merkura à 09:44 - Divagations - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


06 mai 2006

L'allumoir (suite et fin)

Elle ne l'a pas rendu. Elle a
laissé quelqu'un d'autre l'emporter. Elle a craché sa bile. Elle a eut
ce qu'elle voulait. La paix ?

t_signature233

Posté par merkura à 20:57 - Divagations - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 mai 2006

Last questionnaire (made by younger mwa)

dscn0759bis1

Quel nom voudrais-tu qu'on te donne ?
Idem que pour le questionnaire de Cailloux. Alice, ou alors merkura tout en minuscule ou alors merka/merkantulipe à la limite des limites.

De quel bien de consommation es-tu le plus dépendante ?
Café.

Quel est la partie du corps qui t'as le plus émue chez la personne qui t'as le plus émue ?
Ma maman elle dit qu'il ne faut pas couper les gens en morceau. Mais ce sont les lèvres, sans hésiter.

Quel est l'effet personnel qui te caractérise le plus ?
Le petit miroir cassé dans mon porte-feuille.

Que fais-tu de tes heures perdues ?
Je leur cours après.

Un mot qui te plaît particulièrement ?
Colchique pour son alittération en [k].

Quels mots préférerait-tu entendre de la bouche d'un proche ?
Je ne vais pas dicter la déclaration d'amour idéale, ça la priverait de toute sa saveur.

Quelle est la mort la plus douce à tes yeux ?
Une mort violente.

Ton plus lointain souvenir ?
Le goût des barreaux de mon lit de bébé.

Une histoire qui t'es arrivée, que tu aurais bien aimé partagé ?
Je n'aime pas partager.

Tes vies antérieures ?
J'ai été suffisament protéiforme enfant pour ne pas avoir besoin de m'en inventer davantage.

Qu'est-ce qui t'inspire ?
L'insomnie, le café, les psychotropes en tout genre. (hey ! faut que j'arrête de me la jouer trendy junky, je pue vraiment des fois)

Qu'est-ce qui t'expire ?
Les baba-pouffes et les gothopouffes.

Pourquoi es-tu sur terre ?
Pour faire chier le monde.

Une œuvre d'art qui t'as émue ?
Mes petites amoureuses de Rimbaud.

À quel personnage fictif t'identifies-tu ?
Le mur de Berlin, il n'est pas fictif, il n'existe plus.

Quel geste as-tu été fière d'accomplir ?
Un geste obscène à la fête de l'huma.

Ton dernier mot ?
Il n'est pas contraire à la raison de préférer la destruction du monde entier à une égratignure de mon doigt.

Posté par merkura à 16:37 - Divagations - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Questionnaire Sophie Calle, Gérard Boullier pour les Inrocks

dscn0754

Quand êtes-vous déjà morte?
Un soir de pluie, c'était presque l'été, ça allait presque devenir beau.

Qu'est-ce qui vous fait lever le matin?
Je ne me lève jamais le matin.

Que sont devenus vos rêves d'enfant?
Quelque part au fond du trou des toilettes.

Qu'est-ce qui vous distingue des autres?
Une excroissance au majeur de la main droite "La plus belle bosse du monde"

Vous manque-t'il quelque chose?
La question serait plutôt quelqu'un, non ?

Pensez-vous que tout le monde puisse être artiste?
Non, je ne suis pas une menteuse, moi.

D'où venez-vous?
D'un chou-fleur androgyne.

Jugez-vous votre sort enviable?
Il n'est pas enviable, il est envié.

À quoi avez-vous renoncé?
À être gentille, à renoncer.

Que faites-vous de votre argent?
Je le jette par les fenêtre.

Quelle tâche ménagère vous rebute le plus?
Déboucher les toilettes.

Quels sont vos plaisirs favoris?
Plaisir solitaire : exploser les bulles des papiers à bulles. Plaisir collectif : sautelutiner.

Qu'aimeriez-vous recevoir pour votre anniversaire?
J'aimerais déjà qu'on PENSE à mon anniversaire. Ensuite, depuis le temps que je demande une fourchette ...

Citez trois artistes vivants que vous détestez.
Les détester serait leur faire trop d'honneur.

Que défendez-vous?
Mon nombril, mais sans trop de conviction.

Qu'êtes-vous capable de refuser?
Je suis incapable de refuser.

Quelle est la partie de votre corps la plus fragile?
Je ne vais quand-même pas vous donner les armes pour me détruire.

Qu'avez-vous été capable de faire par amour?
De dégringoler d'une vieille toiture rouillée au péril de ma vie, d'envoyer des missives d'injure, de pardonner ...

Que vous reproche-t'on?
De parler trop

A quoi vous sert l'art?
À quoi sert cette question ?

Rédigez votre épitaphe.
"Revieeeeeeeens !"

Sous quelle forme aimeriez-vous revenir?
En mieux.

Posté par merkura à 16:14 - Divagations - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Exclusive Interview of mwa by Cailloux

dscn08431

Cailloux. Si tu étais un monstre mythologique, lequel serais-tu, porque ?
mwa. TOUT sauf un elfe, d'abord parce que : "elfer tue", ensuite parce que : "les elfes en elfie" et enfin parce que Arwen et Legolas, ils sont tout moisis. Bon, je voudrais pas être une gorgone, parce que c'est moche, ni une sirène (femme-poisson), pour des raisons physiques (dois-je vous faire un dessin ?). Franchement, je suis un TRUC suffisamment sympathique comme ça, isn't it ?

Cailloux. Quelle est la marque de ton dentifrice ? (Allez, un pti coup de pub)
mwa. Hum, le Elmex orange dégueulasse qui a un goût étrange de pomme (on dirait du sopalin en tube).

Cailloux. Si la Lune est une banane, où est l'épluchure ? (fais marcher tes neurones)
mwa. Je l'ai cueillie et je l'ai offert au pire fléau que la terre ait jamais porté.

Cailloux. Est-ce que tu pleures devant Bambi ?
mwa. Non, seulement en écoutant les chanteurs pour midinette, ce qui en dit long sur ma personalité...

Cailloux. Quel nom aurais-tu voulu porter ?
mwa. Fadella, l'infini,∞ ... Naaan c'tait une feinte ! "lol" "mdr" "ptdr" "expdr" Alice, c'est pas magnifique comme appelation ? Car j'ai le don de la métamorphose, je peux me transformer et rien ne s'y oppose (trop la classe).

Cailloux. Comment appelerais-tu ta fille ? Ton fils ?
mwa. Théophile pour le garçon, car c'est un délice à prononcer ou alors peut-être Sigmar, pour le côté étrange. Joséphine pour la fille, parce que j'aime les prénoms rétros (pas taper >_<) et puis c'est le personnage kafkaïen que je préfère, Joséphine la cantatrice (Ou le peuple des souris).

Cailloux. À choisir, tu serais loup-garoute ou vampirette ? Pourquoi ?
mwa. Sans hésiter vampirette, je dois être une veinophile ou même une hémomaniaque, mais Blood is Good. 

Cailloux. Pour ou contre le CPE ? (pitite question de politique ... hinhinhin...)
mwa. À mon avis ce n'est que la partie visible de l'iceberg et je trouve ça bien plus acceptable que les nouvelles lois sur l'immigration. De toute façon il a été retiré.

Cailloux. Quel est le meilleur moyen de te faire grimper au septième ciel ? (interdiction d'invoquer le pouvoir aphrodisiaque du chocolat, des détails !)
mwa. Ecoute, là comme ça j'allais te répondre une énomre tarte au chocolat noir ...mais hum, comme tu me l'interdis ... Je crois que tous les chemins mènent au septième ciel mais après il ya beaucoup trop de crabes qui s'y déplacent. Mais sinon ... GINGER FOREVER !

Cailloux. À choisir, tu préfères te re-taper le 3x500 ou courir pour le marathon contre la faim, 1km parcouru, 1 euro de gagné ?
mwa. Question rhétorique ... Ai-je l'air d'un monstre d'égoïsme ? (QUI a haussé les sourcils ?)

Cailloux. [question censurée pour votre securité]
mwa. La deuxième option, toi-même tu sais pourquoi. Pas les gambettes quoi...

Cailloux. Tu préfères avoir trop chaud ou trop froid ?
mwa. Je suis une fille de l'été, mais pour entretenir mon teint translucide façon litchi, je préfère le froid.

Cailloux. Treizième question qui porte la poisse ... Comment te vois-tu dans quarante ans ?
mwa. Pitié, tue-moi avant !

Cailloux. La tartine tombe toujours du côté beurré, le chat toujours sur ses pattes. Que se passe-t-il si on lâche un chat du 6ème étage alors qu'il a une tartine beurrée attachée dans le dos ?
mwa. Il y avait pas une loi qui interdisait les expérimentations sur les animaux ? Enfin, ça dépend de l'intelligence du chat ... si il est malin il se laisse tomber côté tartine pour amortir sa chute.

Cailloux. L'homme est-il un loup pour l'homme ? (clin d'œil à foufouille >_^)
mwa. Oui. Non. Oui mais. (arrête de l'appeler comme ça ...)

Cailloux. D'après toi, un xyptère-en-branche, c'est quoi ?
mwa. C'est quelqu'un qui a raté son agrégation de sciences naturelles et qui se rabat sur la science-fiction.

Cailloux. Quelle phrase associe-tu personnellement à la méthode Coué ?
mwa. Je suis tout à fait normale ... Je suis tout à fait normale ... Je suis tout à fait normale ... Je suis tout à fait normale ...Je suis tout à fait normale ... [x ; +∞[

Cailloux. Pierre qui moule n'amasse pas rousse. Ton opinion sur la question ?
mwa. Le mousse Pierre à touffe rousse n'aime pas les moule-bite.

That's all folks

Posté par merkura à 15:26 - Divagations - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 mars 2006

J'ai testé la Cailloux multifonction (Allergiques au sucre, s'abstenir)

trip_chambrette_006

À première vue, ça ressemble à une fille normale. Physiquement intelligente, cheveux auburns, bouclés, lèvres pulpeuses, yeux marron-vert, regard de braise ... Mais en fait, c'est beaucoup plus que ça. Cailloux est un modèle unique et révolutionnaire. Cailloux réchauffe en hiver, supporte mes crises de gneeeeuhtousdesconnardslavieestmochec'estconçapue, elle ne sent pas l'œuf ni le paté de campagne, partage mes goûts honteux (*mode voix geignarde surraigue on* il aaaaaaaaaa le drouaaaaaaa de poser ses mains sur ton coooooorps il aaaaaaaaaa le drouaaaaaaaaaaaaaa de respirer ton odeuuuur), m'aide à supporter la poule molle, la mégère mystique Mme H, sert d'oreiller, est la compagnonne idéale pour se mater les épisodes de Sex And The City, est dotée d'une bibliothèque de manga conséquente ainsi que d'une réserve de livres qui font rire et sourire bêtement (mais j'assume totalement, je suis encore une gamine, ma vie est régie par le principe du plaisir), a en réserve des tonnes de sujets de discussions tous plus captivants les uns que les autres ("Bon, on va lui faire prendre de la ciguë, elle pourra pas se plaindre, c'est l'acte le plus philosophique qu'elle accomplira jamais", "C'est quoi notre horoscope aujourd'hui ? Il faut qu'on lève le pied pour éviter le stress ? Pas de problème c'est c'qu'on fait tout le teeeemps", "T'as pas une recette de cookies ?", "J'ai envie d'manger du nutella", "Arg, j'vais pas en athlé cet aprem', j'ai trop mal aux ch'veux ... au fait, ça va ? On dirait pas qu'ils sont tout gras ?" et aussi tout ce que je censure volontairement pour ne pas choquer les yeux délicats), bref, est presque aussi superficielle que moi, ce dont je lui suis entièrement reconnaissante. Cailloux, le jour où tu décide d'être un garçon, je t'épouse. Sinon c'est pas grave hein, du moment qu'on peut toujours se taper des vieilles barres pourries et que tu es là, y a pas de problème. Dernière qualité : je trouve que tu as des goûts de chiottes en matière de mecs, et c'est réciproque, ce qui fait que je n'empièterai jamais sur tes conquètes, et vice versa ... c'est rassurant, non ?

Brittany: Peut être que je pourrais faire quelque chose pour toi.
Daria: Peut-être. Tu pourrais m'apprendre à tripoter mes bouclettes en ayant l'air particulièrement stupide ?
Brittany: Alors là tu vois tu me poses une colle. Ca c'est vraiment pas un truc qui s'apprend.

Posté par merkura à 13:50 - Divagations - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 mars 2006

I got the blues ...

dscn4622

C'était un soir de merde. La marche du monde se poursuivait et les hommes, rangées de dominos décérébrés s'abattaient les uns sur les autres comme autant de moutons de Panurges sado-maso. Et au milieu de tout ça, une gamine vaillante (aka : moua) pris son courage à deux mains et son épingle à nourrice dans l'autre et décida de crever l'abcès de ses vieux fantômes. Et comme ses vieux fantômes sont des connards, eh ben ça a giclé et inmanquablement, inondation de pus lacrymal ... rien de bien ragoûtant, mais comme elle préfèrait être un mikado qu'un domino, elle a fait attention à ce que ça gicle pas sur les autres. Avisant une paire de ciseau, elle se coupa la couette de rage (yeah). Ce scalp accomplit, elle cautérisa la plaie en se giflant mentalement. Et pis le lendemain, un coiffeur gentil a réparé les dégats, et maintenant elle a la même tête que quand elle avait cinq ans, mais c'est pas grâve hein, ça fait vieille intello coincée, et j'aime ça.

HAPPY END

t_signature233

There’s a look on your face I would like to knock out
See the sin in your grin and the shape of your mouth

All I want is to see you in terrible pain
Though we won’t ever meet I remember your name
Can’t believe you were once just like anyone else
Then you grew and became like the devil himself
Pray to god I can think of a nice thing to say
But I don’t think I can so fuck you anyway
You are scum, you are scum and I hope that you know
That the cracks in your smile are beginning to show
Now the world needs to see that it’s time you should go
There’s no light in your eyes and your brain is too slow
Can’t believe you were once just like anyone else
Then you grew and became like the devil himself
Pray to god I can think of a nice thing to say
But I don’t think I can, so fuck you anyway
Bet you sleep like a child with your thumb in your mouth
I could creep up beside put a gun in your mouth
Makes me sick when I hear all the shit that you say
So much crap coming out it must take you all day
There’s a space kept in hell with your name on the seat
With a spike in the chair just to make it complete
When you look at yourself do you see what I see
If you do why the fuck are you looking at me

Why the fuck why the fuck are you looking at me
Why the fuck why the fuck are you looking at me
Why the fuck why the fuck are you looking at me
Why the fuck why the fuck are you looking at me

There’s a time for us all and I think yours has been
Can you please hurry up cos I find you obscene
We can’t wait for the day that you’re never around
When that face isn’t here and you rot underground
Can’t believe you were once just like anyone else
Then you grew and became like the devil himself
Pray to god I can think of a nice thing to say
But I don’t think I can so fuck you anyway

So fuck you anyway

Posté par merkura à 19:02 - Divagations - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 janvier 2006

instantané imaginaire #1

— Hey bloody bastard !
— What the hell ?
— I'm getting addicted to your cat.

Posté par merkura à 18:52 - Divagations - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 janvier 2006

NON-SENS (et j'étais sobre)

sigma1
C’est l’histoire de l’héroïne d’un Harlequin qui veut s’échapper. Elle a un nom à coucher dehors et elle est dactylo. Mais au fond d’elle quelque chose refuse le beau et riche héritier ténébreux qu’elle va rencontrer et qui va la faire succomber grâce à sa troublante Jaguar vert-émeraude.

Patricia Froggy-ribbit-ribbit pensait à l’Antarctique. Ça la prenait souvent en fait. Le soir surtout. Quand elle n’entendait plus le bruit des machines à écrire, quand elle se trouvait seule face à son papier-peint Art-Nouveau et sa copie des Nymphéas dans son petit vingt mètres si désespérément carré. Elle aurait bien aimé ressembler à Ma sorcière bien aimée, où à n’importe quelle autre héroïne de son temps —Madame Pierrafeu ou Betty Boop par exemple. Mais bon, en ce moment elle ne pensait pas à ce qu’elle voulait être, elle pensait à l’Antarctique et à tout son folklore de neige, de glace, à perte de vue. Elle venait d’exister, dix lignes plus haut sur une feuille format A4, Police Times, Taille 12, alignement justifié …onze lignes maintenant. Elle avait un poisson rouge nommé Wanda, elle l’avait vu naître. Dans son enfance, elle avait peut-être habité le Connecticut ou l’Australie, elle ne savait pas très bien, elle aurait bien aimé être née en Sibérie, en Alaska, au Groenland, bref, n’importe où qui ressemble un tant soit peu à l’Antarctique. Elle avait un joli miroir. Elle aimait bien se regarder et réciter à voix haute :
— J’aime bien ma silhouette liane, ma poitrine généreuse et mes yeux bleus. Ma peau cuivrée trahit mes origines italiennes mais j’ai été élevée ici, à Londres. Mes cheveux sont « blond-vénitien » normal pour une italienne. Je ne suis qu’une simple dactylo. Je me sens laide, oh tellement laide, ma vie est ratée, je cherche l’amour, j’ai envie d’être en Antarctique, enveloppée dans une peau d’ours blanc. Mon patron conduit une Jaguar vert-émeraude, il est brun, grand, avec une mâchoire carrée, un visage dur mais des yeux incroyablement clairs. Il est sortit avec toutes mes collègues. C’est sûr il va me faire des avances. Je ne suis pas amoureuse de lui. Pourtant, c’est vrai il me trouble. Sa Jaguar verte se reflète dans ses yeux clairs. Sa mâchoire suggère un caractère puissant, il doit être Taureau, comme Wanda.
Elle s’approche encore du miroir. Elle tient un tube de rouge à lèvre dans sa main, sa couleur met en valeur ses lèvres pulpeuses, un peu comme celle de cette actrice française, B. B. qui s’est mariée avec un ________ , celle qui a montré ses fesses dans Le Mépris. Elle marque ANTARCTIQUE. Elle répète le mot plusieurs fois. Mais de toute façon ça ne va pas. Elle ferme les yeux, imagine un appareil photo magique.
CLIC CLIC CLIC TE VOILÀ EN ANTARCTIQUE.
Elle aime bien les appareils photo avec des gros objectifs. Elle aime bien aussi les panneaux lumineux dans le métro. On appuie sur un bouton, n’importe quelle station, et le trajet s’allume. Elle aime bien aussi Pete Doherty, même si elle milite contre la drogue. Sa sœur prenait de la drogue. Maintenant elle est … (elle hésite, elle a l’embarras du choix, un peu comme au super-marché) … à l’hôpital psychiatrique. Sa mère prenait de la drogue. Elle est ... (hésitation) … morte d’overdose. Son père prenait de la drogue. Il a … (un temps) … fait le coup de Jimmy Hendrix, sauf qu’il ne savait pas jouer de la guitare avec les dents, alors forcément, c’était moins classe. Non. En fait elle était fille unique, en fait son père ne l’avait jamais reconnue, et sa mère était toujours vivante, au fin fond de l’Oklahoma, avec une permanente ratée et des robes vulgaires en tissu synthétique, tout les samedis, son esthéticienne venait lui enlever les poils des oreilles. Non, c’était encore pire. Elle avait été fabriquée en laboratoire. Ses parents étaient deux chromosomes made in éprouvettes, il s’appelaient X et Y. Elle éclata en sanglot.
— NOOOON !
Il fallait qu’elle se remette les idées en place. Si elle continuait, elle allait devenir schizophrène, ou pire, célibataire.
— L'anomie (du grec an- : absence de, et nomos : nom, loi, ordre, structure) est l'état d'une société caractérisée par une désintégration des normes qui règlent la conduite des hommes et assurent l'ordre social. L’anomie c’est le chaos social. Je doit être une anomie. Est-ce qu’on peut dire je suis une anomie ? Non, on doit dire anome, comme dans mélanome. Je suis une anome. Je suis un électron bombardé de protons. IL FAUT QUE J’AILLE TRAVAILLER. Sinon, sinon je deviendrais une anome. Et je ne pourrais jamais m’asseoir dans la Jaguar vert-émeraude de mon patron et résister à son charme irrésistible.

Elle met son tailleur qui met en valeur sa silhouette liane de femme volontaire, dynamique. Elle va montrer à son patron qu’elle est la meilleure dactylo de toute l’entreprise. Elle va être promue dactylo en chef. Les tabloïds vont lui consacrer une page entière. Tout le monde se l’arrachera, on clouera une Remington sur sa tombe. Et un câble d’alimentation sortira de sa pierre tombale, et il plongera dans celle de son futur-mari. Et on leur consacrera des films : TRISTAN ET ISEULT RELOADED.

Quelqu’un sonne à la porte. Il était temps. Elle étouffe dans son vingt mètres si désespérément carré. C’est le paumé. Vous savez, ce garçon efflanqué aux os légèrement proéminents. Avec des boucles mordorées et des yeux noirs. Il a trouvé un chat dans la rue. C’est ce qu’il fait tout les jours. Et il cherche quelqu’un pour adopter le chat. Il en profite pour se faire adopter. Patricia se sent seule, au bord du célibat, alors elle l’héberge. Il joue de l’harmonica en dessous d’une potence et s’en va dans le soleil couchant du Far West en chantant Poor lonesome cowboy. Mais il n’a pas de cheval, il fait comme les Monthy Pythons, avec des noix de cocos. Il se présente après. Vladimir avec un W. Il vient d’Europe de l’est. Quand elle était petite, sa mère, Anna Markovna, allumait des bougies sous la photo de Staline. Et puis il aime bien les chats. Il est allé s’enchaîner à des poubelles comme les gens de Greenpeace pour protéger les chats errants. Le chat s’appèle Gricha Wladimirovitch, parce que W. le considère comme son propre fils. Patricia s’interroge sur la grammaire russe. Peut-on donner un patronyme à un animal ? Patricia accueille Gricha Wladimirovitch et lui fait de la bonne goulasch, pour ne pas le dépayser. Ensuite, elle voudrait prendre le S-Bahn de Berlin et elle ira à Alexander Platz parce que c’est le milieu de Berlin et que c’est moche, gris, déprimant ou alors, elle voudrait être en Antarctique. En fait, Vladimir s’écrit avec un W comme West, de Far West, mais il est plutôt moujik que cow-boy.

Il faut qu’elle se reprenne. Si elle continue, elle va devenir morne, ou pire, l’héroïne d’un film d’art et d’essai. Il faut qu’elle se concentre sur son métier de dactylo. Sur son patron qui va bientôt commencer à lui faire des avances qu’elle devra refuser avant de succomber au charmes du double pot d’échappement de sa Jaguar vert-émeraude.

On sonne à sa porte. Vladimir avec un W est torse nu dans la salle de bain. Il joue avec un canard en plastique jaune qui flotte dans une baignoire pleine d’eau chaude, à quarante degré Celsius ce qui fait en Farenheit …Gricha Wladimirovitch vient se frotter contre sa jambe. Elle frissonne. Il faut qu’elle aille ouvrir.
— Bonjour.
C’est son patron, Clark-Brian-Zane-Kyle Amberane. Elle fait semblant d’hésiter à le laisser entre.
— J’aime bien votre silhouette liane, commence-t-il, votre poitrine généreuse et vos yeux bleus. Votre peau cuivrée trahit vos origines italiennes mais on sent que vous avez été élevée ici, à Londres. Vos cheveux sont « blond-vénitien » normal pour une italienne. Vous n’êtes qu’une simple dactylo. Mais vous êtes belle, oh si belle, vous pensez que votre vie est ratée, vous cherchez l’amour, vous pensez trop souvent à l’Antarctique, c’est malsain. Je conduis une Jaguar vert-émeraude, je suis brun, grand, avec une mâchoire carrée, un visage dur mais des yeux incroyablement clairs. Je suis sorti avec toutes vos collègues. Vous dites ne pas être amoureuse de moi. Pourtant, c’est vrai je vous trouble. Ma Jaguar verte se reflète dans mes yeux clairs. Ma mâchoire suggère un caractère puissant, et en effet, je suis né sous le signe du Taureau, comme votre poisson, Wanda.
Patricia tourne la tête vers le bocal. Gricha Wladimirovitch regarde le poisson tourner.
— Vous aimez bien les chats ?
Nerveuse, elle répond :
— En lituanien, Patrica ça veut dire amie des chats, elle prend bien soin de rouler les r, Wladimir déteint sur elle, même dans ses accès de mythomanie.
— Patricia Frogy-ribbit-ribbit, vous êtes une femme fascinante, votre nom m’évoque la voix rauque des crapaud dans le soleil couchant. Un peu comme ma Jaguar vert-émeraude.
Patricia referme la porte.
— Appelez-moi Pat crie-t-elle à travers la paroi blindée.

Elle va    dans la salle de bain, ou W. chante une chanson sur l’Antarctique. Il s’est mis dans le bain maintenant. Et son pantalon de pyjama en flanelle grise flotte autour de lui. Elle le rejoint. Son tailleur ne supporte pas l’eau, sa permanente non-plus, tant pis.
— Pourquoi sommes-nous à Londres alors que j’ai des origines italienne et que vous venez de l’Europe de l’Est ?
W. ne répond pas tout de suite. Il regarde les ronds dans l’eau. Cette expression est apoétique en un sens, mais ils s’en fichent l’un comme l’autre. La poésie ce n’est pas une hyperbole, la poésie c’est pouvoir écrire rond dans un poème, sans se sentir malade après.
— Peut-être, dit-il, que c’est le seul moyen de s’enfuir de la caverne.
Il chante sa chanson sur l’Antarctique, elle se débarrasse de ses vêtements.
— On en Antarctique, dit-elle.
— Toi, moi, Wanda Patriciovitch (et tant pis si les matronymes, ça n’existe pas) et Gricha Wladimirovitch.
— Tu as les cheveux mordorés et des cernes violâtres. Tu ne t’es pas rasé ce matin et ton menton est bleu.
— Tu as des nervures sur les lèvres, un peu comme celles des feuilles de platane. Ta bouche tremble toujours quand tu réfléchis.
— Tu as des callosités sur les doigts.
— Tu fumes des maïs en cachette, et tu les cales derrière tes oreille sans lobes, comme celle des assassins.
— Tu as une cicatrice sur le sourcil. Petit, tu as fait croire à tes amis que c’était parce que l’ennemi américain avait bombardé alors que tu prenais le soleil à côté du samovar, sur la terrasse de ta datcha. Mais en fait, tu t’es juste pris le coin d’une porte.
— Le matin, quand tu fronces les sourcils, tu as un π qui se forme sur ton front.
Elle sort de sous la savonnette une petite bande de papier.
— Que j’aime à faire apprendre un nombre utile aux sages, déchiffre-t-elle, et le petit π s’affiche sur son front soucieux.
— 3,1415926535, renchérit-il.
— Le nombre π, c’est comme la Vérité. C’est presque une idée, au sens platonicien du terme, une idée pure
— … absconse (yeah). Oui, tu as raison, on suppose l’infinité chiffres qui suivent cette virgule, on peut en trouver beaucoup, mais on ne le saisira jamais entièrement. D’ailleurs, c’est un entier irrationnel. Le réel est-il rationnel ?
— Je me sens dans un état bizarre.
— Qu’est-ce qu’il t’arrive ?
— Je voudrais être en Antarctique.
— Je te comprend. Moi aussi, ça me manque souvent, plus que mes Carpates natales.
— J’ai toujours pensé qu’il y avait quelque chose de pourri dans le royaume du Danemark.
Elle reprend la savonnette, elle la laisse fondre et trace avec le bout qui reste des lettres décousues sur les carreaux de la salle de bain.
B E G O N E V I L E I N SE CT
[miroir] M A D A Y HT E B O T THG OU I
En bas, elle trace : M. SHELLEY et en dessous : ANTARCTIQUE
— Pourquoi tu aimes les miroir ?
— Parce que je m’appelle Patricia N. Froggy-ribbit-ribbit.
— N pour Narcisse ?
— Oui, mon ancêtre était la grenouille qui voulait se faire plus grosse que le bœuf, elle s’est noyée dans son reflet.
— Je croyais que tu étais une fille de chromosome …
— Je suis une fille de chromosome de grenouille.
— Génétiquement modifiés, non ?
— Sinon je coasserais.
— Essayons autre chose.
Il l’embrassa. Rien. Elle ne pris pas la forme de ses glorieux ancêtres.
— Ribbit-ribbit, minauda-t-elle.
Il l’embrassa à nouveau. Sa bouche avait le goût de l’odeur qu’on ajoute au gaz de cuisine, pas désagréable au fond. Il la voyait bien petite fille, avec des tresses blondes et des chaussures orthopédiques, comme dans les vieille réclames pour le chocolat Suchard.
— Elle était brune, fit remarquer Patricia.
— Qui ça ?
— La fille du chocolat Suchard.
— Mais je n'ai pas ...
— Tu l’as pensé, non ?
Il hoche la tête.
— Maintenant, à ton tour de me dire ton nom entier, dit-elle.
— Vladimir avec un W Odysseusovitch Sans-titre.
— Comme … Sans-titre ?
— Au menton céruléen, oui.
— Je ne m’attendais pas à de l’intertextualité. Comment … ?
Il élude la question.
— Il y a une brèche dans le carreau.
— Impossible.
— Ça signifie que ?
— Peut-être.
— Et si le Monde était amené à disparaître après ça ?
Il n’est pas contraire à la raison de préférer la destruction du monde entier à une égratignure de mon doigt.
— Dans ce cas … après toi.
La brèche s’agrandit, on pu sentir des effluves d’Antarctique, de désert glacé, d’enfer glacé. Il s’y engouffre le premier. Elle le suit. Plus rien. Ils sont passé de l’autre côté du carreau. Ils se sont échappés de la caverne. Les lettres de savons scintillent dans l’obscurité, quelqu’un a éteint les lumière avant de partir.
BEGONE VILE INSECT ! … BE GONE EVIL E IN SECT/BEG ONE VILE INSECT
I OUGHT TO BE THY ADAM …et plus bas en petite lettres : I am rather the fallen angel

Mais il fait froid en Antarctique a dis Lucifer (≠Satan).

Références :
Aragon
Aubert
Bardot
Bérénice
Betty Boop
Bradbury
Brühl
Ces bons vieux grecs
DADA
Doherty
Durkheim
Fersen
Gainsbourg
Godard
Grossman
Guimard
Harlequin
Hegel
Hendrix
Holiday
Homère (sa mère)
Humes
Lafontaine
Le Monde de Sophie
Les Huit Scaroles
Les Monthy Python
Les Nuls
La famille Pierrafeu
La nounou d’Enfer
Lucky Luke
Ma sorcière bien aimée
Matrix reloaded
Me, Myself and I
Mme U.
Monet
Nietzsche
Ovide
Platon
Salinger
Shelley
Shakespeare
Staline
Stoker
Tristan et Iseult
Tzara
Un poisson nommé Wanda
Wikipédia
X
XX
XY
XXY
Zarathoustra

Ainsi que :

Le thaumaturge amateur
Qui se nicha dans mon cœur
Ce démiurge prestidigitateur
Si nécessairement menteur

signature31

Posté par merkura à 13:15 - Divagations - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 janvier 2006

melancholia

nouv_a_1002

Sept heures du matin. London Calling explose mes tympans, suivit du coq mit clairon de mon portable. Mwarf. J'ai encore rêvé de trucs pas nets cette nuit. Je devrais faire annalyser mes rêves, je suis sûre qu'on me trouverait toute sorte de tendances insoupçonnées. Si j'ai pas émergé dans vingt minutes, je suis en retard. Il faut que je prépare du café si je veux espèrer avoir raison de cette torpeur post-morphéique moite. Retour à la case spleen poisseux. Dehors il fait surement gris. J'ai quatre heures à peine de sommeil dans les dents. Le ciel est blême, ça me donne envie d'éclater en sanglot. Je pense à la station Ternes. Je pense à l'exposition DADA. Je pense au trajet New York-JFK/Paris-CDG. Je pense à des tartelettes à la fraise. Je pense à un cendrier volé. Je pense à un pull troué. Je pense à Nietzsche. Pour ne pas voir les masques mortuaires des gens dans le métro, j'actionne mon petit projecteur intérieur ...

g048_31

Voilà qui est mieux. Des joues de gosse avec une bouche boudeuse, des cheveux en désordre. Daniel Brühl, acteur allemand (Die fetten jahre sind vorbei, Goodbye Lenin ...). Un air de gamin, mélangé à celui d'un poussin mouillé, une pensée presque aussi agréable que celle d'une épaule chaude à embrasser le matin avant de se sortir du lit. Nation, déjà. Et puis après Cours de Vincennes. Je donnerais n'importe quoi pour aller au bahut en vélo. Je sort ma carte, un petit sourire au surveillant quand même (je vous laisse imaginer lequel ...) et puis je baisse les yeux et là je vois mes chaussures, et je me dit que quand même c'est cool de porter ça au pied, qu'elles sont vraiment jolies et que ya de quoi garder le sourire.

signature231

post-scriptoum : but what the point of this post ? La futilité. Je suis follement amoureuse de mes chaussures, presque autant que de Daniel Brühl alors je m'exprime en conséquence

(so fucking) special thanks : my dearest friends who took this picture while I was asleep at Marion's. (after meku in the lavatories, meku asleep ... I love myself)

Posté par merkura à 16:50 - Divagations - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]